Salon du livre et de la presse jeunesse 2021

Décembre 2021,

Invitée pour ma toute première expérience au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil.

Bredouillante et en proie à un grand sentiment d’illégitimité, j’ai eu l’opportunité de rencontrer Emmanuel Bourdier qui, en trois blagues et un sourire, m’a aussitôt mise à l’aise.

Ensemble, nous avons discuté une petite heure. Stéphanie Malléa s’occupait de la médiation et face à nous, une palanquée de collégiens avaient préparé avec leurs professeurs, quelques questions. C’était quelque chose de percevoir leur enthousiasme, leur curiosité, leurs maladresses qui, parfois, rencontraient les miennes, leur désir de lire vite vite leur question, trop heureux d’avoir pris la parole, intimidés dès l’instant où ils rendaient le micro.

C’était drôlement intéressant de voir comment nous nous retrouvions, Emmanuel et moi, sur ce désir, cette urgence presque, de parler de rencontres, d’hospitalité, d’ouverture d’esprit au moment où nous sentions le vent tourner, avec des virages politiques toujours plus excluants et élitistes. Il y avait une vraie unanimité entre nous. Il est urgent de proposer des récits qui parlent de co-habiter et de tolérance. Drôle également de constater comme chacun insufflait dans son récit et ses personnages un rapport au monde différent, et complémentaire.

C’est ce qui fait aussi la diversité de ces romans qui abordent les mêmes thématiques et qui, comme leurs auteurs, se rencontrent, se complètent, se confrontent parfois, proposent un diversité de regards et tissent la toile de la littérature jeunesse qui dit le monde dans lequel on vit.

 

Dans la foulée, nous avons pu nous retrouver pour ma première séance de signature, sur le stand des éditions Thierry Magnier.

Vous êtes une petite dizaine à être passés échanger, parler de Pépin et de Khamzat, de cette drôle d’expérience qu’est partager un territoire et c’était très doux de vous rencontrer enfin, presqu’un an après la sortie du livre.

Avant de m’asseoir là, accoudée à la petite table qui jouxte le stand, je me souviens avoir été terrifiée, sans bien savoir si c’était à l’idée que personne ne s’approche ou au contraire, celle de devoir vaincre ma timidité et trouver les mots qui engagent.

Et puis finalement c’était chouette comme ça, simple et généreux, très informel et j’ai adoré.

Dans la foulée, les organisatrices du salon m’ont proposé de tourner une petite pastille qui passerait sur la télé du salon, et paf ! je me suis donc retrouvée installée au stand de maquillage, devant le grand miroir encadré de néons blancs puis, tétanisée, sur le plateau, face à l’oeil implacable de la caméra. Or, si j’avais déjà manipulé du matériel de tournage, c’est plutôt derrière l’objectif que je me trouve généralement ! Autant dire que je ne faisais pas la fière !

Mais je crois que ça c’est bien passé… je parle un peu vite (ma marque de fabrique) et je fais mon petit regard spécial oubliez-moi, je ne suis pas lààà mais j’essaie de dire des choses cohérentes. Et puis, il faut bien commencer d’une façon ou d’une autre, non ?

C’est ainsi que s’est terminée mon expérience palpitante d’autrice, invitée par un grand salon. Une expérience teintée de trouille et d’excitation, de joie, d’un brin de lâcheté (j’ai été incapable de répondre aux propositions de cafés et rencontres d’autres autrices que j’avais pourtant très envie de rencontrer mais il faut savoir dealer avec la sensibilité et il y avait déjà pas mal de choses à digérer).

Une expérience qui dit surtout (à moi-même parce que je crois qu’autour de moi personne n’en doutait), que j’ai ma place dans cet univers de la littérature jeunesse francophone, que j’ai gagné mes galons avec ce texte écrit sur le conseil de Charline, mon éditrice, qui est venue me chercher et m’a accompagnée tout au long de cette première expérience de littérature jeunesse. Une expérience qui me pousse dans le dos, faire jaillir fort l’envie d’écrire, d’écrire encore, d’échanger encore, de me nourrir encore de toute cette belle matière que donne à voir l’existence, pour peu qu’on y laisse trainer son nez et ses émotions.

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